Ce mardi 27 novembre, Yannis Mallat, PDG des studios canadiens d’Ubisoft, était à la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain pour dévoiler ses ambitions pour 2025. L’occasion de rappeler leur lien étroit avec le développement économique et social du Québec.

La conférence offrait un aperçu de la montée en puissance de l’industrie du jeu vidéo. Elle dressait également un portrait des nouveaux modèles d’affaires et des marchés sur lesquels les studios canadiens d’Ubisoft comptent capitaliser pour accueillir 200 millions de joueurs actifs par mois dans leurs univers.

« Ça nous a pris 20 ans pour nous rendre à 20 millions de joueurs actifs par mois, on s’en donne 7 pour atteindre 200 millions », a précisé d’emblée M. Mallat. « C’est vraiment très ambitieux, nous en sommes conscients ».

 

Yannis Mallat

Yannis Mallat, PDG des studios canadiens d’Ubisoft

Un média qui se démocratise

Au Canada en 2018, 71 % des parents jouent aux jeux vidéo avec leurs enfants au moins une fois par semaine. Une tendance qui, comme l’expliquait M. Mallat, ne fera que s’accélérer au fur et à mesure que les plus jeunes générations deviennent parents à leur tour.

« Quand on pense que le dernier Super Bowl a rassemblé 103 millions d’Américains, on peut imaginer que 200 millions, c’est comme tenir deux Super Bowl tous les mois ! Aujourd’hui, nous parlons de eSport, mais bientôt nous parlerons de eSpectacle ! », a poursuivi M. Mallat. « Le jeu vidéo d’aujourd’hui est devenu une expérience de socialisation en continu où le joueur est libre de créer sa propre histoire dans un monde virtuel où tout est possible. Autrefois, la relation était entre le joueur et sa console, maintenant, l’expérience se passe entre des joueurs et d’autres joueurs ».

De nouveaux marchés et modèles d’affaires

Pour atteindre les 200 millions de joueurs visés par mois, les studios canadiens d’Ubisoft miseront avant tout sur de nouvelles capacités technologiques comme le mobile, le streaming et le cloud gaming.

« Nos studios québécois sont aujourd’hui parfaitement positionnés pour relever ce défi : nous avons la capacité pour développer et pour maîtriser toutes ces technologies émergentes et de percer de nouveaux territoires à haut potentiel de croissance, comme la Chine », a affirmé M. Mallat.

Une priorité : former le talent québécois

Qui dit « croissance », dit indubitablement « main-d’œuvre ». C’est pour cela que la question du développement des talents était au cœur du débat : « Bien que le Québec ait aujourd’hui tout ce qu’il faut pour prendre d’assaut et mener l’industrie du jeu vidéo – le talent, des universités de haut niveau et un écosystème entrepreneurial très dynamique – il est important de continuer à développer cet avantage concurrentiel dans une économie du savoir mondialisée », poursuivait M. Mallat. « Et pour cela, agir tôt par l’entremise du système scolaire ».

C’est dans ce contexte qu’il dévoilait sa nouvelle stratégie d’appui à l’éducation pour donner plus d’ampleur à l’engagement d’Ubisoft auprès de la relève partout au Québec.

« Je vous parle d’éducation aujourd’hui parce que je crois très sincèrement que l’éducation est et restera le principal moteur du développement économique du Québec et de Montréal au 21e siècle », a déclaré M. Mallat.

Avec Ubisoft Éducation, les studios québécois d’Ubisoft se donnent pour objectif de diversifier le bassin de talents en STIM, en permettant au plus grand nombre d’être initié à la programmation et d’acquérir les compétences indispensables aux métiers du futur : collaboration, créativité, pensée critique et empathie.

Entre 2015 et 2022, Ubisoft et ses employés auront investi des milliers d’heures de mentorat et plus de 12 millions de dollars dans des initiatives liées à l’éducation au Québec.

Ubisoft, un succès québécois

À la fin de son discours, Yannis Mallat a souligné les retombées concrètes de La Forge et Lumen, deux programmes d’Ubisoft visant des collaborations respectivement avec les universités et les PME québécoises.

« Ubisoft est un succès québécois. Nous pouvons être fiers que le collectif des studios québécois d’Ubisoft constitue aujourd’hui la plus grande force de développement et d’expertise de toute l’industrie du jeu vidéo », a conclu M. Mallat à la Chambre de Commerce de Montréal.