La main d’œuvre est rare. C’est un sujet d’actualité ici, au Québec, mais aussi à l’échelle internationale. Le taux chômage atteint des planchers historiques, les grandes entreprises comme les PME rivalisent d’ingéniosité, multiplient les visites outremer afin d’attirer des travailleurs qualifiés.

Les besoins sont immédiats. Nous les ressentons tous.

L’ampleur de la problématique appelle toutefois aussi une solution long terme, durable et structurante.

Pourquoi? Parce que nous n’avons encore rien vu.

Les évolutions technologiques et économiques transforment en profondeur le monde du travail. Des changements si profonds qu’on estime que quatre-vingt-cinq pourcent des métiers de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui!

Les enfants qui ont débuté la maternelle cette année seront les jeunes adultes qui exerceront ces nouveaux métiers dans un horizon de 10 à 15 ans. Si nous voulons que le Québec conserve et affirme sa position de leader de l’économie du futur, il est impératif de prendre conscience de ces évolutions et d’agir dès maintenant pour bien les anticiper.

De la parole aux actes

Il faut être conscient de l’ampleur de la tâche des enseignantes et enseignants ainsi que des spécialistes du milieu de l’éducation qui les appuient. Ces professionnels sont les premiers à constater l’impact des évolutions technologiques sur les jeunes et leurs aspirations. Leur travail est essentiel pour donner de la perspective et ouvrir les horizons sur les possibilités qui émergent. Comment pouvons-nous les aider dans cette mission?

Notre rôle comme entreprises ou leaders du monde des affaires, ne peut être passif ou détaché du travail des professionnels de l’enseignement. Nous pouvons tisser davantage de liens entre les apprentissages en milieu scolaire et leur mise en pratique au sein de nos organisations. Ce travail peut se faire en respectant cette saine distance, toujours nécessaire, entre entreprises et écoles qui laisse aux jeunes toute la liberté de choisir leur propre voie.

Que ce soit dans le cadre du cursus scolaire ou en parallèle, des organisations comme Kids Code Jeunesse, Fusion Jeunesse, Technoscience et plusieurs autres, s’impliquent et proposent des outils concrets aux enseignantes et enseignants pour développer l’intérêt et les compétences des jeunes en sciences et en technologie.

En offrant temps et financement, les entreprises peuvent appuyer les initiatives de ces organismes. Ce faisant, nous pouvons collectivement contribuer à former l’esprit scientifique, exposer les jeunes aux outils et savoirs qui sous-tendent la technologie, les appuyer dans le développement et l’acquisition de notions à la fois académiques mais aussi profondément sociales. Parce que les compétences du futur ne se limitent pas à la pensée computationnelle et à la résolution de problèmes; la créativité, la collaboration, le sens critique et l’empathie seront tout aussi indispensables, sinon davantage.

Nous avons aussi la responsabilité de mettre nos expertises à la disposition des jeunes. En ouvrant les portes de nos organisations, nous pouvons favoriser l’apprentissage expérientiel, proposer du mentorat et mettre de l’avant des modèles positifs – ce qui peut notamment stimuler davantage l’intérêt des jeunes filles pour les métiers liés aux STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques).

Nous ne prétendons pas avoir toutes les solutions, il y a encore beaucoup à faire, mais si nous voulons collectivement être prêts à faire face à la nouvelle économie de 2030, il en va de notre responsabilité d’agir maintenant.

C’est aujourd’hui, dans les salles de classes que tout se joue.

Mobilisons-nous et appuyons l’éducation pour permettre à la prochaine génération de réaliser ses ambitions et celles du Québec.

Yannis Mallat, PDG des studios canadiens d’Ubisoft
Andrée Cossette, Directrice générale associée, Ubisoft Québec
Jimmy Boulianne, Directeur général, Ubisoft Saguenay